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FRANCE
 
 

Agence de Notation Européenne : une réponse innovante de Roland Berger

La France a perdu son triple A. Certains souhaiteraient remettre en cause le principe même de la notation des dettes souveraines. Cependant, les investisseurs ont le droit de connaître les risques encourus.

Une évaluation de qualité des produits financiers soumis aux investisseurs est une nécessité économique, Roland Berger a ainsi imaginé une réponse innovante qui prendrait la forme d’une agence européenne de notation. Cette nouvelle agence produirait ses évaluations avec plus de transparence sur la base de modélisations et d'approches reposant sur les principes de Bâle 3 et de l'analyse de crédit.

Nous pouvons aujourd’hui détecter, de manière non exhaustive, 4 problèmes chez les agences de notation actuelles (privées) : leur modèle économique est contestable puisque ce sont les émetteurs qui paient les agences de notation pour évaluer leurs propres émissions ; leur situation de quasi-monopole n’est pas acceptable ; leur responsabilité quant aux notes qu’elles attribuent n’est pas suffisante puisqu’elles sont considérées comme des opinions et non comme des produits, ce qui les rend inattaquables. Enfin, elles n’anticipant pas assez les problèmes (faillite d’Enron, crise des subprimes, maquillage de ses comptes par la Grèce).

Pour surmonter ces problèmes et parce qu’une évaluation de qualité des produits financiers soumis aux investisseurs est une nécessité économique, Roland Berger a imaginé une réponse innovante qui prendrait la forme d’une agence européenne de notation. Cette nouvelle agence produirait ses évaluations avec plus de transparence sur la base de modélisations et d'approches reposant sur les principes de Bâle 3 et de l'analyse de crédit.

Pour assurer l’indépendance des notations, il faut changer de paradigme et s’appuyer sur une Fondation privée à but non lucratif. Celle-ci serait créée par une vingtaine de grandes institutions financières européennes qui apporteraient les fonds sans ensuite en avoir le contrôle comme le statut des Fondations le prévoit. La diversité des fondateurs serait une forte garantie. La Fondation serait gérée par un conseil indépendant d’experts et d’économistes.

Pour éviter les conflits d’intérêt, les évaluations seraient payées par les investisseurs : tout émetteur serait tenu par une nouvelle réglementation de communiquer à une « plateforme centrale» (qui pourrait être créée par les bourses) toutes les informations concernant une émission. Chaque agence de notation, qu’il s’agisse de la Fondation ou des entreprises privées, aurait accès sur une base égalitaire à ces informations à partir desquelles elle procèderait à ses évaluations. Tout investisseur serait tenu par la réglementation d’acheter une notation à l’agence de son choix dès lors qu’il acquerrait une tranche d’une émission. Cette évaluation suivrait cette émission comme une plaque d’immatriculation est attachée à un véhicule.

La notation serait désormais un « produit » dont le contenu serait défini dans le contrat qui serait passé entre l’investisseur et l’agence. Il y aurait désormais une incitation à améliorer les méthodes d’évaluation.
Plus de concurrence, moins de conflits d’intérêts, une meilleure méthode d’évaluation, une conception de la notation comme mission d’intérêt général, tels sont les changements que les Européens pourraient apporter à un système de plus en plus contesté.

Pourquoi se mobiliser pour un tel objectif ?
Parce que, comme l’a démontré le Commissaire européen Michel Barnier, il y a une très forte demande politique dans ce domaine. Les opinions publiques comprennent très mal que des sociétés privées aussi peu transparentes disposent de pouvoirs aussi exorbitants. Les grandes institutions financières européennes ont donc un double intérêt à agir. Un intérêt politique et d’image pour montrer que loin de se satisfaire d’une situation imparfaite, elles prennent l’initiative pour tirer toutes les leçons de la crise que nous traversons. Un intérêt économique en mettant en place un autre modèle plus concurrentiel et donc moins cher qui corresponde mieux à leurs valeurs et à leur conception de la vie économique.
Les Européens, a commencer par les Allemands et les Français doivent prendre l’initiative pour favoriser la confiance, la chose du monde peut être la plus nécessaire aujourd’hui. Pour cela il ne suffit pas d’attendre que d’autres nous imposent leurs méthodes et leurs valeurs. Il n’y a de réponse que dans le volontarisme et dans la proposition d’alternatives. Ayons - de temps en temps - confiance en nous.
23 févr. 2012
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